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Insuffisance ovarienne : Causes, symptômes et traitements

Tout savoir sur l'insuffisance ovarienne : ce que c'est, quels sont les symptômes, les causes et les traitements à envisager. BeMum vous explique.

  1. Qu’est-ce que l’insuffisance ovarienne ?
  2. Quelles sont les conséquences de l’insuffisance ovarienne ?
  3. Quelles sont les causes de l’insuffisance ovarienne précoce ou primitive ?
  4. Comment diagnostiquer une insuffisance ovarienne ?
  5. Quels sont les traitements de l’insuffisance ovarienne prématurée ?
  6. Quelle est la différence entre insuffisance ovarienne précoce et ménopause précoce ?
  7. Quelle alimentation adopter pour améliorer votre réserve ovarienne ?
  8. Conclusion

Cet article vous est proposé par BeMum, qui développe des programmes de nutrition personnalisés, pour accompagner les femmes en désir d'enfant.

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Qu’est-ce que l’insuffisance ovarienne ?

L’insuffisance ovarienne est un terme très générique qui regroupe toutes les pathologies caractérisées par un dysfonctionnement des ovaires. Ce dysfonctionnent se manifeste généralement par une diminution ou même une absence de la production d'hormones sexuelles féminines. Il est aussi courant d’utiliser le terme hypogonadisme féminin.

Les manifestations cliniques de l'insuffisance ovarienne peuvent présenter une variabilité, englobant différents symptômes. Elle est surtout est un processus physiologique inéluctable chez la femme. Avec l’âge la fonction des ovaires se dégrade progressivement pour devenir quasiment nulle, c’est ce qui est communément appelé la ménopause. Ce phénomène physiologique résulte de l'épuisement du capital folliculaire et se manifeste en moyenne à l'âge de 51 ans chez les femmes des pays occidentaux.

Associés à une répartition masculine des graisses, des variations pondérales, des troubles de l'humeur avec irritabilité, des pertes de mémoire, des tendances dépressives, une asthénie, des réveils nocturnes provoqués par les bouffées vasomotrices, des troubles du sommeil, des douleurs articulaires, des problèmes génito-urinaires incluant la sécheresse vulvo-vaginale, des infections et irritations urinaires, une gêne lors de la miction et des impériosités mictionnelles, la ménopause, selon le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français, se caractérise par une aménorrhée persistante d'au moins un an.

En revanche, lorsqu’une telle pathologie intervient précocement, sans lien avec l’épuisement ovocytaire naturel lié avec l’âge, il est commun d’évoquer le terme d’insuffisance ovarienne prématurée (IOP). Elle présente une diminution prématurée de la fonction des ovaires avant l’âge prévu, mais elle ne signifie pas nécessairement l'arrêt complet de cette fonction contrairement à la ménopause où cette fonction cesse complètement, entraînant l'arrêt définitif des menstruations.

Quelles sont les conséquences de l’insuffisance ovarienne ?

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L’IOP se caractérise par un fonctionnement altéré des ovaires, qui sont responsables de la production des hormones sexuelles féminines. Plusieurs taux sont affectés en particulier, les œstrogènes, la progestérone, la testostérone, l’inhibine et l’hormone antimüllérienne (AMH). Chaque dérèglement hormonal chez la femme entraîne des effets secondaires délétères pour la santé en général et la santé reproductive en particulier.

Diminution des taux d’œstrogène :

Les fonctions régulatrices des œstrogènes comprennent la modulation du cycle menstruel, le développement des caractères sexuels secondaires, ainsi que le maintien de la santé osseuse, cardiaque et cérébrale. Une production inadéquate d'œstrogènes se manifeste par des symptômes tels que des bouffées de chaleur, des sueurs nocturnes, une sécheresse vaginale, une baisse de la libido, et une augmentation du risque d'ostéoporose et de maladies cardiovasculaires. La carence en œstrogènes peut contribuer à la perte de densité osseuse, augmentant le risque d'ostéoporose, mais aussi elle peut être associée à un risque accru de problèmes cardiovasculaires.

Diminution des taux de progestérone :

Cette hormone prépare l’utérus à recevoir un éventuel embryon et maintient la grossesse. Les ovaires ne produisent pas assez de progestérone, ce qui entraîne des irrégularités menstruelles, des saignements anormaux, et une infertilité secondaire.

Diminution des taux de testostérone :

Les ovaires ne produisent pas assez de testostérone, ce qui entraîne une baisse du désir sexuel, une fatigue, et une dépression, car la testostérone est une hormone qui contribue à la libido, à la masse musculaire, et à l’humeur.

Diminution des taux d’inhibine :

Les ovaires ne produisent pas assez d’inhibine ce qui entraîne une augmentation de la FSH (hormone folliculo-stimulante), qui stimule à son tour les ovaires de façon excessive et accélère l’épuisement de la réserve folliculaire. L’inhibine est l’hormone qui inhibe la sécrétion de FSH par l’intermédiaire de l’hypophyse.

Diminution des taux d’AMH :

L’hormone antimüllérienne (AMH) est une hormone qui renseigne sur le potentiel folliculaire résiduel des ovaires. Ainsi, en cas de déficit ovarien, les ovaires sécrètent moins d’AMH, ce qui se traduit par une baisse de la réserve ovocytaire. La réponse à la stimulation est médiocre en cas de recours à un traitement de l’infertilité.

Quelles sont les causes de l’insuffisance ovarienne précoce ou primitive ?

insuffisance-ovarienne

Les causes de l’insuffisance, on parle des étiologies, sont multiples et souvent pas encore élucidées. Elles sont classées entre étiologies primaires (chromosomique, génétique et auto-immune) et secondaires ou iatrogènes (chirurgicale, chimio- ou radiotoxique). En dehors des insuffisances secondaires provoquées par un traitement médical aussi appelées étiologies iatrogènes, jusqu’à 90% des insuffisances primaires n’ont pas de causes connues. Les médecins parlent alors d’insuffisance primaire idiopathique.

Causes génétiques

L’IOP peut résulter d'anomalies chromosomiques ou de mutations génétiques altérant le développement ovarien normal. Le syndrome de Turner, marqué la perte partielle ou complète d'un des deux chromosomes X, prédomine parmi les facteurs génétiques causant une diminution prématurée de la réserve ovocytaire. De façon similaire, le syndrome du chromosome X fragile, lié à la répétition excessive de la séquence CGG dans le gène FMR1, est associé à cette insuffisance.

Des mutations dans plusieurs gènes cruciaux pour le développement ovarien ont été identifiées. Le développement ovarien normal dépend ainsi de plusieurs gènes qui codent pour des protéines exprimées dans les ovocytes. Ces protéines interviennent dans le développement et la fonction des follicules ovariens, structures qui contiennent les ovules. Elles participent également à la croissance et à la maturation des follicules, à la qualité des ovules et à la régulation de l’ovulation et de la fertilité.

Maladies auto-immunes

Un hypogonadisme féminin peut être causé par une réaction anormale du système immunitaire qui s’attaque aux ovaires. On parle alors d’insuffisance auto-immune. Le système immunitaire peut mal identifier les cellules de l'ovaire comme étrangères et déclencher une attaque auto-immune. Ce phénomène peut altérer la maturation ou la survie des follicules ovariens. L’insuffisance auto-immune peut être isolée ou associée à d’autres maladies auto-immunes, qui touchent d’autres organes ou systèmes. Parmi ces maladies, on peut citer la maladie de Basedow, qui cible la thyroïde, le diabète de type 1, qui affecte le pancréas, la maladie d'Addison, caractérisée par des attaques auto-immunes contre les glandes surrénales, ou le syndrome polyendocrinien auto-immun, qui affecte plusieurs glandes endocrines.

Traitements chirurgicaux, radiothérapie et chimiothérapie

Les causes iatrogènes sont liées à des interventions médicales et à des traitements qui peuvent affecter la fonction ovarienne. La chimiothérapie et la radiothérapie utilisées dans le traitement du cancer peuvent endommager les ovaires, en réduisant la réserve ovocytaire et en perturbant la maturation folliculaire. Ces traitements peuvent accélérer le processus d’apoptose, c’est-à-dire de mort programmée, d’une partie du stock folliculaire. De même, certaines interventions chirurgicales impliquant l'interruption des vaisseaux sanguins ovariens, l'ablation des ovaires ou de l’utérus, pratiquée pour des raisons médicales ou personnelles, entraîne également une insuffisance ovarienne définitive. Les contraceptifs oraux, bien que généralement sûrs, peuvent parfois affecter transitoirement la fonctionnement des ovaires après leur arrêt, surtout chez les femmes plus âgées.

Agents externes toxiques

Les agents chimiques tels que les solvants industriels, les métaux lourds, les pesticides et les produits chimiques présents dans certains plastiques peuvent avoir des effets néfastes sur la santé ovarienne. L'exposition à ces agents toxiques peut entraîner une diminution de la réserve ovocytaire, affectant la maturation folliculaire et la sécrétion d'hormones sexuelles. Ces agents chimiques peuvent directement altérer la viabilité et la fonction des cellules constituants les ovaires, interférer avec les processus biochimiques régulateurs, et contribuer à des altérations dans le microenvironnement ovarien.

Comment diagnostiquer une insuffisance ovarienne ?

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Son diagnostic implique une évaluation approfondie des antécédents médicaux, des symptômes et des tests biologiques.

Anamnèse et Évaluation Clinique

Cette phase d'anamnèse revêt une importance cruciale pour comprendre les antécédents médicaux et les manifestations symptomatiques de la patiente. Le spécialiste recueille des informations détaillées sur les cycles menstruels, en examinant la régularité, la durée, et la présence de saignements abondants ou au contraire très légers. Des détails sur d'éventuels symptômes associés tels que des bouffées de chaleur, des troubles du sommeil, ou une diminution de la libido sont également relevés.

Analyse hormonale

Les dosages hormonaux, tels que la mesure de la FSH (folliculo-stimulante), de la LH (lutéinisante), et de l'oestradiol, sont réalisés au troisième jour du cycle menstruel pour évaluer la réserve ovocytaire et la fonction hormonale. Des niveaux élevés de FSH et de LH, accompagnés de taux bas d'oestradiol, peuvent indiquer une défaillance.

Lors de l'analyse sanguine pour diagnostiquer l'insuffisance ovarienne, le dosage de l'AMH est souvent inclus aux côtés des dosages de la FSH, de la LH, et de l'oestradiol. L'AMH est produite par les follicules ovariens en développement, et son niveau sanguin reflète la réserve ovocytaire. Un taux d'AMH bas peut indiquer une diminution de la réserve ovocytaire, ce qui est un élément important dans l'évaluation globale de la santé des ovaires. Ces résultats, combinés à d'autres paramètres, permettent d'obtenir un tableau complet de la santé ovarienne, guidant ainsi le diagnostic et orientant les options de traitement en fonction de la cause sous-jacente de l'insuffisance.

Études génétiques

Les analyses peuvent inclure des tests ciblés, tels que le séquençage génétique des gènes liés au fonctionnement des ovaires et dont les mutations ont été identifiées comme en lien avec ce type d’hypogonadisme féminin. Des études de caryotype pour détecter des anomalies chromosomiques, comme le syndrome de Turner ou le X-fragile peuvent être aussi réalisées si l’insuffisance ovarienne est suspectée d'avoir des bases génétiques.

Tests pour identifier les maladies auto-immunes

Bien entendu, l’identification d’une maladie auto-immune sous-jacente peut être menée afin d’orienter sa prise en charge.

Quels sont les traitements de l’insuffisance ovarienne prématurée ?

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Il faut distinguer les insuffisances primaires et secondaires. Dans le cas d’une insuffisance ovarienne secondaire liée à une prise de médicament, il peut être nécessaire dans la mesure du possible de supprimer la cause. Si la destruction des ovocytes est définitive à l’occasion d’une opération chirurgicale ou d’une chimiothérapie, il n’y a aucun traitement envisageable. Si la patiente souhaite devenir mère, une fécondation in vitro avec don d’ovocyte est certainement à considérer avec de bonne chance de succès.

Dans le cas d’une insuffisance ovarienne primaire, il est essentiel de se rapprocher d’un spécialiste de la fertilité afin d’envisager un diagnostic précis et surtout une prise en charge adaptée qui pourra aller d’une simple stimulation ovarienne à une fécondation in vitro avec ou sans don d’ovocyte suivant le diagnostic porté par le médecin. Il est à noter que même prise en charge à temps, une insuffisance ovarienne diminue fortement les chances d’obtenir un enfant de manière naturelle. En revanche, une prise en charge médicale en AMP peut permettre d’obtenir une grossesse désirée par une fécondation in vitro avec ou sans don d’ovocyte.  

Quelle est la différence entre insuffisance ovarienne précoce et ménopause précoce ?

En réalité, IOP et ménopause précoce sont deux états différents qui toutes deux affectent la fertilité. Il est vrai que ne manière inappropriée une IOP est parfois qualifiée de ménopause précoce. La différence majeure est l’âge à laquelle il survient, mais surtout une insuffisance est possiblement réversible. La ménopause est définitive et entraîne une infertilité permanente, alors que certaines (rares) femmes peuvent avoir des cycles menstruels intermittents ou une reprise spontanée de l’ovulation, et même concevoir naturellement.

Quelle alimentation adopter pour améliorer votre réserve ovarienne ?

Une étude menée auprès de 370 femmes avait pour objectif de dévoiler la corrélation entre la réserve ovarienne et le régime alimentaire. Les résultats ont révélé des niveaux significativement plus bas d'hormone antimullérienne et de follicules antraux chez les femmes présentant une réserve ovarienne réduite. Par ailleurs, il a été observé que les femmes adoptant une alimentation de meilleure qualité, caractérisée par quatre composantes essentielles – variété, adéquation, modération et équilibre global – étaient moins enclines à présenter une réserve ovarienne diminuée.

En définitive, il ressort de cette étude que l'adoption d'une alimentation saine, variée, et en adéquation avec les besoins individuels peut non seulement améliorer la réserve ovarienne, mais également réduire le risque de diminution de cette réserve.

Conclusion

L’insuffisance ovarienne est une pathologie caractérisée par un hypogonadisme c’est un dire une mauvaise régulation des hormones sexuelles. Quand cette insuffisance apparaît avant l’âge de 40 ans, il est coutume de parler d’insuffisance ovarienne précoce. Elle a des conséquences principalement sur la santé reproductive et diminue ses chances de concevoir. Il ne faut cependant pas négliger les conséquences sur d’autres aspects de la santé de la femme, en particulier osseux et augmentation des risques cardio-vasculaires. C’est pour cela que même si la femme ne souhaite pas concevoir, une insuffisance ovarienne nécessite de réaliser un diagnostic par un spécialiste qui pourra prendre en charge les différents effets secondaires.

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